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Les machines à voter

 

 

Les machines à voter en ballottage défavorable

 Les machines à voter

Electeurs exaspérés, temps d´attente interminables, couacs techniques : pour leur première utilisation à grande échelle, les ordinateurs de vote n´ont pas convaincu.

Déployées dans 82 communes de plus de 3 500 habitants, les machines à voter électroniques devaient être l´une des grandes attractions de cette élection présidentielle 2007. Pourtant, certaines d´entre elles, à Amiens et à Saint-Malo notamment, ne seront même pas présentes au second tour le 6 mai prochain. La raison : des électeurs décontenancés, des files d´attente trop importantes, et quelques problèmes techniques.

 

Dans la ville de Saint-Malo, en raison des files devant les bureaux de vote, la municipalité a décidé de suspendre l´utilisation du vote électronique pour le second tour et pour les législatives du mois de juin prochain, rapporte l´AFP. Sur le terrain, conjugué à un très fort taux de participation, la nouveauté que représentaient les machines n´est pas toujours bien passée.

« D´un point de vue technique, nous avons rencontré des problèmes d´écrans blancs ou de "retour à la page d´accueil" pour des électeurs qui pensaient ne pas avoir voté », explique Laurent Pieuchot, conseiller municipal socialiste d´Issy-les-Moulineaux et président de l´un des 40 bureaux de vote de cette localité des Hauts-de-Seine (92).

 

« Mais ce qui semble avoir posé problème, c´est un manque certain de confidentialité. (1) Certains électeurs en ont souffert. Ils étaient très perturbés d´être là, en train de choisir, pratiquement au vu et au su de tout le monde. A Issy-les-Moulineaux, en raison de la forte mobilisation du corps électoral, le dernier électeur a voté à 21h15, indique Laurent Pieuchot. Enfin, en raison d´une absence d´agrément de la part du ministère de l´Intérieur, les électeurs isséens malvoyants n´ont pas pu voter sur des appareils adaptés », poursuit le conseiller municipal.

 

De son côté, la Mairie indique qu´elle souhaite maintenir le dispositif de vote électronique pour les prochains scrutins. « Les files d´attente constatées n´étaient pas dues à un dysfonctionnement des machines mais à une très forte participation des électeurs [plus de 10 000 nouveaux inscrits, NDLR] », assure Isabelle Franchi, directeur général adjoint de la mairie d´Issy-les-Moulineaux. D´ici au 6 mai, des réunions rassemblant les présidents des différents bureaux de vote seront organisées afin de partager leurs expériences du premier tour. Objectif : fluidifier les files d´attente.

 

 

Saisie du Conseil constitutionnel

 

A Villeneuve-le-Roi, un conseiller régional (Mouvement républicain et citoyen) a saisi le Conseil constitutionnel en invoquant des « dysfonctionnements » du scrutin liés à l´utilisation de machines à voter de type Nedap. « Nous avons transmis un relevé d´observations », déclare Daniel Guérin. « Des gens qui avaient du mal à comprendre comment tout cela marchait sont restés bloqués assez longtemps devant ces machines. »

 

Par ailleurs, après une erreur de vérification d´identité, « on a ouvert une session de vote pour une personne qui n´avait pas le droit de voter et le retour à la normale a pris de longues minutes ». De plus, précise le conseiller régional, « dans certains bureaux on a pu noter des écarts d´émargement entre la signature des électeurs sur les cahiers et le nombre de votes enregistrés par la machine. Celui-ci étant parfois supérieur de 5 à 10 unités ».

 

A Reims, une ville qui avait opté pour la solution du fabricant espagnol Indra, la municipalité affirme que tout s´est bien passé, en particulier pour les personnes handicapées. Seul problème officiellement relevé, une erreur de branchement à l´ouverture de quatre ou cinq bureaux de vote (sur un total de 94) qui a perturbé le début des opérations de vote. Mais des électeurs rémois, comme Benoît Ronez, cité par Libération, affirment que « le ticket, censé valider le vote, sortait de la machine de façon très aléatoire ».

 

Du côté des candidats à l´élection présidentielle eux-mêmes, certains en ont rajouté dans l´hostilité au vote électronique. C´est le cas de Philippe de Villiers, qui votait aux Herbiers en Vendée sur une machine Nedap. Il s´est fendu d´un « machine à voter, machine à tricher », formule aussi médiatique qu´expéditive.

(1) Sur le modèle iVotronic utilisé dans cette ville, de petits capots fixés autour de la machine font office d´isoloir.

 

source: Philippe Crouzillacq , 01net. , le 23/04/2007 à 17h30

image: www.mairie-brest.fr





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