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Comment transmettre aux enfants, aux adolescents, la "valeur-travail" ? La question ne hante pas seulement les cabinets de consultation. Elle résonne aujourd´hui dans toutes les écoles, les collèges, les lycées, et mobilise aussi bien les enseignants que les parents et les politiques. Pourtant, les réponses qui lui sont données laissent parfois songeur.
D´abord, parce qu´elles ne mettent en général l´accent que sur le discours, les adultes semblant croire que les "bonnes paroles" peuvent suffire à convaincre un enfant : « Si tu ne travailles pas, tu n´arriveras à rien. » Ensuite, parce que cette "morale de l´effort" ainsi enseignée, efficace sans doute au temps de Jules Ferry, se révèle aujourd´hui (même si elle est juste) sans grand effet sur toute une partie de la jeunesse. Combien d´adolescents n´ai-je entendu, dans la banlieue parisienne, me dire en consultation : « Les profs, ils arrêtent pas de me dire de travailler, m´dame, mais moi, ça m´prend la tête... » Enfin, parce que les adultes, quand ils parlent ainsi aux enfants, leur transmettent souvent, sans le savoir, ce qu´on leur a enseigné à eux-mêmes : une notion de travail d´où toute idée de plaisir est exclue. Il faut travailler parce que c´est "bien". Projet "politiquement correct", mais modérément enthousiasmant...
Face à cet "état des lieux", le psychanalyste n´a aucune solution miracle à sortir de son chapeau, mais il peut, de par sa pratique, contribuer à la discussion en donnant trois repères : - l´éducation au travail et à l´effort commence très tôt. - elle ne se limite pas au discours. - elle s´appuie sur trois "piliers" : désir, plaisir et loi.
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